Heure-route de la semaine

Chaque semaine, nous publions l'Heure-route à effectuer chez vous! Ou de temps en temps en clan (à préparer avant).    

Pendant ce temps de Carême, nous devons tous les jours lire notre carnet de route et réflechir sur ce qui nous est proposé.

Le dapart routier et les béatitudes: un programme commun (semaine du 14/02/08)

Etre heureux: Quel beau programme! Qui ne souhaiterait pas être heureux, connaître le bonheur toute sa vie?
Nous en tant que chrétiens, en tant que scout, en tant que Routier, nous avons notre rôle à jour.
Dans l'évangile, les Béatitudes nous donnent d'ailleurs une feuille de route pour atteindre le bonheur.
Notre mission est importante: rayonnons la paix et la joie. Pier Giorgio Frassati disait même: "Un catholique ne saurait manquer de gaîté; la tristesse doit être bannie des coeurs catholiques; la douleur n'est pas la tristesse, qui est une maladie, la pire de toutes". 
Claire de Castelbajac nous a également laissé un message qui est d'ailleurs très explicite "Tu as pour vocation le bonheur!".
Pour nous, routiers, le chemin vers le bonheur nous est tracé, il nous est proposé. Comment ne pas se rendre compte que le Départ routier, cet engagement qui est là, à portée de main, nous accompagnera vers ce bonheur.
Relisons ce cérémonial, ne nous propose-t-il pas un idéal de vie vers lequel on souhaite progresser?
N'est-il pas un chemin vers la sainteté?
Certes, la vie nous réserve toujours des moments difficiles, des épreuves; aussi bien pour nous que dans notre entourage. Certes il est difficile d'imaginer que le bonheur peut être partout en voyant un sans abri au coin de la rue, un orphelin rencontré en Roumanie lors du dernier camp d'été ou autres...
Mais, c'est là notre mission de scout et d'Homme: rendre le monde "un peu meilleur".
C'est à nous d'agir au quotidien! Dans l'action, dans le service aux autres nous pouvons apporter une petite graine de bonheur: ce dernier nous envahira également. ne devient-on pas heureux en se mettant au service de notre prochain?
Deplus, notre Foi est une vraie richesse à partager, plus qu'une béquille, le Seigneur nous accompagne, nous porte.
Sachons témoigner de ce qui nous anime, de ce qui nous fait vivre.
Le bonheur ne se trouve pas en se laissant aller, en ayant une vie "plan-plan". Le bonheur se trouve dans l'engagement.
Oui, toi (Louis, Maximilien, Etienne et Arnaud), tu es appelé à une vocation à devenir père de famille ou autre.




La route, un signe de contradiction par Arnaud Cousin (semaine du 07/01/08)


Dans le contexte actuel, entre le règne du "tout, tout de suite", la domination du confort et l'exigence de sécurité, je ne cesse de m'interroger sur la pertinence de proposer la pédagogie de la branche route au jeune adulte que tu es et qui participes à nos activités.
Pourquoi donc vouloir s'entêter à camper en forêt, parfois sous la pluie (Louis tu te souviens de Chambord! ou encore de marche mémorable en Bretagne...), alors qu'il existe des lieux de logement agréables?
Pourquoi donc vouloir marcher (il fait tantôt trop chaud, tantôt trop froid) alors qu'il existe des véhicules motorisés qui seraient tellement plus appropriés à nos déplacements?
Pourquoi donc vouloir s'entêter à prier alors qu'on nous dit en permanence que Dieu n'existe pas?
Pourquoi donc vouloir être serviteur alors que les médias ne cessent de nous montrer le triomphe que ceux qui "se servent"?
Je pourrais continuer car la liste est bien longue tant notre slogan "servicen aventure, prière" apparaît en décalage avec les canons de la mode et la bien-pensance d'aujourd'hui.
Et pourtant...
Si l'on juge un arbre à ses fruits, ne peut-on pas penser que nos fruits (c'est à dire de tes frères routiers et toi) ne sont pas du tout blets?
Et si le service que tu as rendu tout au long de l'année auprès des personnes agés (c'est pour nous ça!), des jeunes trisomiques (pour les années à venir? ^^) etait un signe d'espérance lancé à la face d'un monde parfois désesperé?
Et si tes pas, placés 2000 ans après dans ceux du Christ en Terre Sainte pendant ton campd'été, étaient l'expression d'un quête de paix et d'amour dans un pays déchiré par des guerres fratricides?
Et si ton Départ Routier prononcé à la croisée d'un chemin à la lueur des torches et de la voie lactée était l'affirmation d'un acte de liberté et de communion "à la joie et à la peine des hommes" dans une societé prisonnière de ses caprices et de ses pulsions?
Alors, routiers, assumons simplement d'être parfois au coeur du monde qui nous entoure un signe de contradiction.


La Bonne Action: Comment la faire? (semaine du 31/12/07)


Les choses les plus simples sont souvent les plus belles. Il en est de même pour BA. Pour la réaliser, il ne faut pas vouloir changer le monde ni même chercher à être remercié. Il faut simplement avoir envie de faire quelque chose de très simple qui rendra service. En camp ça pourrait être aller chercher de l'eau, aller chercher du bois, faire la vaisselle ou encore porter le sac d'un plus jeune. 
La bonne action est une activité typiquement scoute: son but est de rendre les autres heureux en rendant service le plus simplement et le plus discrètement possible.
En général elle se fait sans préméditation. Il faut donc être attentif aux besoins de ceux qui nous entourent. Elle développe en nous le sens des autres, car elle s'offre à quelqu'un qui en a besoin? Elle exerce aussi notre sens du concret puisque qu'elle est quelque chose de simple et utile.
Ecrire un article ou parler de ce patrimoine scout est louable en matière de BA, seul le concret compte! Il est donc important que nous la mettions en oeuvre pour avancer vers notre idéal mais aussi pour montrer l'exemple aux jeunes que nous cherchons à faire progresser. En effet, elle est l'un des premiers outils de progression que nous a donné notre bon fondateur.
Alors nous pouvons, nous, routiers, essayer d'accomplir tous les jours des BA. La BA se vie au quotidien et pas seulement en groupe, elle se vie seul aussi!




L'esprit de Noël en clan (semaine du 24/12/07)


"Le Verbe s'est fait chait et Il a habité parmi nous" (Jn 1,14)


Ce verset du prologue de l'Evangile selon Saint Jean exprime à lui seul tout le mystère de l'Incarnation que nous allons bientôt célébrer.  "Il a habité parmis nous" ou littéralement "Il a planté Sa tente parmi nous": voilà ce que le scout connaît bien. Voilà à l'inverse ce qui était tout à fait original pour le Fils de Dieu: venir habiter comme homme parmi les hommes à la manière des hommes. 
Ce que le verset de Jean met en avant, c'est le désir de Dieu d'être accueilli par l'Homme. Et nous savons combien cela n'allait pas de soi! Ne serait-ce que pour trouver une place à Béthléem pour l'accouchement de Marie!
Alors que nous allons célébrer Noël et la venue du Christ parmis nous, alors que notre année de Clan a repris voici quelques mois (en principe!!!!), cela peut être l'occasion de se demander comment nous-mêmes avons accueillis les nouveaux (Etienne! ou les 15 qu'on a refusé! euh! non!). Le  clan ne serait-il qu'une bande de copains (ca dépend si on va au billard...) ou est-il un groupe prêt à accueillir de nouvelles têtes, même celles qui ne nous sont pas immédiatement sympathiques!
Dans les abbayes bénédictines, lorsq'un hôte de passage arrive à l'abbaye, il doit être accueilli comme le Christ lui même (cf la Régle de Saint Benoit et nous, tous anciens cérémoniaires y avons goûté non?).
L'hospitalité est une des dimensions les plus importantes de notre foi. Si le Fils de Dieu est venu dans le monde, le monde en a été transformé. Toute groupe est transformé par l'arrivée de nouveaux membres. Puisse être pour le bien! C'est en tout cas vital pour nous.
Si l'on ne veut pas faire du sur place, une seule solution: laisser les autres marcher parmis nous.

Emmanuel Petit, Aumônier de la Route (avec quelques petits commentaires!)





LE SPORT SELON JEAN-PAUL II  (semaine du 17/12/07)

 
Le sport est avant tout une mise en valeur du corps, un effort pour acquérir les meilleures conditions physiques, ce qui entraîne d’heureuses conséquences sur un plan psychologique.
 
La foi chrétienne nous enseigne que, par le baptême, la personne humaine, dans son tout composé d’une âme et d’un corps, devient le temple de l’Esprit Saint : « ne le savez-vous pas ? Votre corps est le temple de l’Esprit saint qui est en vous et que vous avez reçu de Dieu ; vous ne vous appartenez plus à vous-mêmes, car le Seigneur vous a racheté très cher (à savoir par le sang du Christ rédempteur). Rendez gloire à Dieu par votre corps »
(1 Co 6, 19-20).
 
(…)
 
Le sport, c’est la joie de vivre, c’est un jeu, une fête : sous cet aspect, il faut lui redonner toute sa valeur et peut-être aussi, aujourd’hui, le soustraire aux excès de la technique et du professionnalisme en lui faisant retrouver son caractère gratuit, sa capacité d’établir des liens d’amitié, de favoriser le dialogue et l’ouverture aux autres, le considérer comme une expression de la richesse de l’être qui a beaucoup plus de valeur et est beaucoup plus estimée que l’avoir, et qui se place donc bien au-dessus des dures lois de la production et de la consommation, et de toute autre considération purement utilitaire et hédoniste de la vie.
 
Homélie de la messe des sportifs, le 12 avril 1984.
 





Suite de l'engagement par Xavier Morales (semaine du 10/12/07)   

Le Christ a appelé son Église à être au coeur du monde, et c'est l'engagement de chaque chrétien que de porter l'Évangile au coeur du monde. Cet Évangile est bonne nouvelle pour les pauvres, vie pour les malades, force pour les faibles, justice pour les opprimés, amour pour les délaissés. Cet Évangile, c'est la vie même du Christ, cet engagement, c'est celui même de Jésus : en lui, Dieu s'engage dans l'homme, et le Verbe fait chair s'engage pour le salut, en guérissant les malades, en allant au-devant des pauvres, en relevant les abattus, en rendant dignité et vie aux hommes qui le croisent. Jésus, c'est évident dans les quatre Évangiles, est l'homme-Dieu engagé. Au tour de l'Église, réalité à la fois divine et humaine, d'être engagée au service du monde.

 

L'état consacré semble poser un problème. Ne s'agit-il pas explicitement de renoncer au monde, de le quitter, de se retirer du monde ? On est là devant le paradoxe d'une vie retirée du monde et pourtant d'une vie engagée, d'une vie qui dit avoir tout engagé pour Dieu. Car en se retirant du monde et en se consacrant à Dieu, on se livre tout entier. Si Dieu n'existe pas alors tout est perdu. On est devant l'expression la plus radicale du courage que je décrivais plus haut. D'autant que cet engagement dans le retrait du monde n'est absolument pas le refus de la discontinuité et la fuite dans la continuité de la règle. Il est au contraire l'attention la plus grande à l'instant et à la durée, il est la vie réduite à ces deux dimensions, la discontinuité d'un temps qui n'a plus rien pour être masquée, la continuité transcendante de la Présence divine qui vient assumer toute cette contingence. En s'engageant totalement, le religieux devient une garantie, une anticipation eschatologique, un signe pour les autres chrétiens. Par sa fonction anticipatrice, la vie religieuse est ainsi en quelque sorte la condition de l'authenticité des autres engagements, une preuve de la fidélité pour toute fidélité d'engagement.

 

L'engagement de Xavier Morales (semaine du 3/12/07)


S'engager signifie faire un choix. C'est donc avant tout une faculté de la volonté. Mais ce choix porte un contenu qui dépasse l'acte de la décision. L'engagement introduit en effet au sein de la volonté le temps, ou mieux dit, la durée. Ce qui est en jeu est dès le départ non une activité abstraite, au sens où porter un jugement est une activité abstraite, mais une activité concrète, étant donné que l'engagement est dans le temps, et que le temps, la durée est la pierre de touche du concret. Aussi l'engagement est-il à proprement parler l'expression de la liberté devenue solide dans la promesse, et par là il a à voir avec la fidélité, qu'on pourrait nommer l'aspect concret, l'aspect d'épreuve, l'aspect éprouvé de la liberté.

 

Décrire l'engagement comme l'habitation de la volonté dans le temps, c'est d'autre part exprimer le risque pris de perdre la liberté. L'engagement, parce qu'il est tissé dans une dimension dont il n'est pas le maître, à savoir le temps, court le risque de se briser contre le temps. L'engagement est donc aussi le courage, le risque de choisir l'aliénation. L'engagement est un pari sur le temps et sur soi-même comme fidèle dans le temps, le courage est la conscience du risque que l'on prend. Le courage, c'est la tension de la liberté , c'est la conscience que le temps est granulaire, que tout peut se briser. C'est donc l'expression positive, l'antonyme de l'angoisse, de la peur, avec laquelle il partage la même situation : il est face à quelque chose. L'engagement est donc à la fois un vivre dans (le temps, la fidélité), et un face à.

 
Le retour du prodigue (semaine du 26/11/07)

Le père s'est usé à son métier de père: scruter la route obstinément déserte, 
guetter du même regard l'improbable retour. Sans compter toutes les larmes furtives.
Il arrive qu'on soit seul! Oui, c'est bien lui, le Père, qui a pleuré le plus !
Le fils s'est présenté comme un naufragé qui attend son juge: "Traite moi, dit-il,
 comme le dernier de ceux de ta maison."
Il ne sait pas encore qu'aux yeux d'un Père comme celui-là, le dernier des derniers est 
le premier de tous. Il s'attendait au juge et se retrouve au port, échoué, déserté, 
enfin capable d'être aimé.
 
Il entend: "Lève les yeux; lève les yeux et regarde ce Visage, cette face très Sainte
qui te contemple amoureusement. Tu es accepté, tu es désiré de toute éternité. Avant
l'éparpillement des mondes, avant le jaillissement des sources, j'ai longuement rêvé de toi et prononcé ton nom... Tu as tant de prix à mes yeux."
Il faut misère, et parfois même profonde misère, pour avoir coeur. Et d'une patience 
qui attend, et d'une attente qui écoute, naît le dialogue-insurpassable. Notre 
assurance n'est plus en nous: elle est en celui qui nous aime. Accepter d'être aimé...
accepter de s'aimer...Nous le savons: il est terriblement facile de se haïr. La grâce 
est de s'oublier. Et la grâce des grâces est de s'aimer humblement soi-même, comme
n'importe lequel des membres souffrants de Jésus Christ.
Encore faut-il savoir ce que tomber veut dire, comme tombe une pierre le nuit dans l'eau.
Ce que veut dire craquer, comme un arbre s'éclate aux feux ardents du gel, sous
l'éclair bleu de la cognée. Que peuvent la miséricorde des matins ceux dont 
les nuits ne furent jamais de tempêtes et d'angoisses?
Que nous soyons dans l'inquiétude, le doute et le chagrin, que nous marchions le
coeur serré, dans la vallée de l'ombre et de la mort, que nos visages n'aient d'autre éclat que ceux, épars, des beaux miroirs brisés, un amour nous précède, nous suit,
nous enveloppe... L'inconnu d'Emmaüs met ses pas dans les nôtres et s'assied avec nous à la table des pauvres.
Les vrais seuls regards d'amour, sont ceux qui nous espèrent.




Sg 1, 1-7 (semaine du 19/11/07)   
Chercher Dieu sous la conduite de la Sagesse et de l'Esprit Saint
Aimez la justice, vous qui gouvernez la terre, ayez sur le Seigneur des pensées droites, cherchez-le avec un coeur simple, car il se laisse trouver par ceux qui ne veulent pas le mettre à l'épreuve, il se manifeste à ceux qui ne refusent pas de croire en lui. Les pensées tortueuses éloignent de Dieu, et, si l'on provoque sa toute-puissance, elle met en échec les insensés. Car la Sagesse ne peut pas entrer dans une âme qui médite le mal, ni habiter dans un corps asservi au péché. L'Esprit Saint, éducateur des hommes, fuit l'hypocrisie, il se détourne des pensées sans intelligence, il est mis en échec quand survient l'injustice. La Sagesse est un esprit qui aime les hommes, mais elle ne laissera pas le blasphémateur impuni pour ses paroles ; car Dieu scrute ses reins, avec clairvoyance il observe son coeur, il écoute les propos de sa bouche. L'Esprit du Seigneur remplit l'univers : lui qui tient ensemble tous les êtres, il entend toutes les voix.



Livre des Actes des Apôtres (semaine du 12/11/07) 

A
son arrivée à Rome, Paul reçut l’autorisation
d’habiter en ville avec le soldat qui le
gardait. Trois jours après, il fit appeler les
notables de la communauté juive. Quand ils
arrivèrent, il leur dit : « Frères, sans avoir rien
fait contre notre peuple et les règles reçues de
nos pères, j’arrive de Jérusalem comme prisonnier
livré aux Romains. Après m’avoir interrogé,
ceux-ci voulaient me relâcher, puisqu’il
n’y avait dans mon cas aucun motif de
condamnation à mort. Mais, devant l’opposition
des Juifs, j’ai été obligé de faire appel à
l’empereur, sans vouloir pour autant accuser
ma nation. C’est donc pour ce motif que j’ai
demandé à vous voir et à vous parler, car c’est à
cause de l’espérance d’Israël que je porte ces
chaînes. » Du matin jusqu’au soir, il exposait
son témoignage sur le royaume de Dieu, et il
s’efforçait de les convaincre au sujet de Jésus,
en partant de la loi de Moïse et des livres des
Prophètes. Les uns se laissaient convaincre par
ce qu’il disait, les autres refusaient de croire.
Paul leur dit alors : «Sachez-le bien : c’est aux
païens que le salut de Dieu a été envoyé. Eux,
ils écouteront. » Paul demeura deux années
entières dans le logement qu’il avait loué ; il
accueillait tous ceux qui venaient chez lui ; il
annonçait le règne de Dieu et il enseignait ce
qui concerne le Seigneur Jésus Christ avec une

assurance totale, et sans rencontrer aucun obstacle.
  

A propos du poème de Péguy sur l'Espérance. (semaine du 22/10/07)


La conclusion du poème est alors un éloge de l'abandon de soi.
Mais le poète transpose cela dans une célébration du sommeil et de la nuit faite pour le sommeil.
"On me dit qu'il y a des hommes qui ne dorment pas. Je n'aime pas celui qui ne dort pas, dit Dieu....
Le sommeil est peut être la plus belle création. Et moi-même je me suis reposé le septième jour."
Qui parle de sommeil suppose qu'il fait nuit. Et si l'abandon du sommeil est, ou doit être , l'attitude ininterrompue de l'homme, alors la nuit enveloppe tout; elle est comme la mer qui embrasse les îles des jours.
Les hommes croient que l'important c'est le jour, "ils ont le courage de travailler. Ils n'ont pas le courage de ne rien faire.... De se détendre. De se reposer. De dormir... Ils gouvernent très bien leurs affaires pendant le jour. Mais ils ne veulent pas m'en confier le gouvernement pendant la nuit. Comme si je n'étais pas capable d'en assurer le gouvernement pendant une nuit. Celui qui ne dort pas est infidèle à l'espérance." Longuement les variations se succèdent sur le même thème. Et tout a fait à la fin seulement, Dieu se rappelle cette nuit unique, qui s'est couché comme un blanc linceul sur le corps de son Fils. C'était le sommeil dans le suprême abandon au Père, le dernier acte d'espérance en celui qui avait apparemment disparu sans retour. Le poète n'en dira pas plus; il n'explicite pas les données théologiques de sa vision. Il lui suffit de montrer que le don le plus précieux que Dieu destine à ses enfants, c'est à dire le renouvellement de l'espérance dans le sommeil, coïncide avec l'excès d'obscurité qu'est l'abandon trinitaire du Fils par le Père.

Hans Urs von Balthazar
 

 

 

   
Tu seras un Homme mon fils (semaine du 15/10/07)
 

Si tu peux voir détruit l'ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
Ou, perdre d'un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir ;
Si tu peux être amant sans être fou d'amour,
Si tu peux être fort sans cesser d'être tendre
Et, te sentant haï sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre ;
Si tu peux supporter d'entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d'entendre mentir sur toi leur bouche folle,
Sans mentir toi-même d'un seul mot ;
Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les rois
Et si tu peux aimer tous tes amis en frère
Sans qu'aucun d'eux soit tout pour toi ;
Si tu sais méditer, observer et connaître
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur ;
Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître,
Penser sans n'être qu'un penseur ;
Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
Si tu peux être brave et jamais imprudent,
Si tu sais être bon, si tu sais être sage
Sans être moral ni pédant ;
Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite
Et recevoir ces deux menteurs d'un même front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront,
Alors, les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
Seront à tout jamais tes esclaves soumis
Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire,
Tu seras un Homme, mon fils.
Rudyard Kipling 



Un texte pour bâtir sur le roc




Saint Louis
Dieu, qui avez fait de saint Louis un prince illustre sur la terre et un saint glorieux dans le ciel, établissez- le, nous vous en prions, comme le défenseur de votre Eglise.
 
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